LA MORT DE LA LOI DONT PERSONNE NE VEUT RIEN
SAVOIR: OU COMMENT LE SYSTEME JUDICIAIRE
BRUTALISE LES JEUNES PAUVRES
PAR BERNARD MITCHELL
« Nous pouvons mener une vie abondante même si beaucoup de nos désirs ne se réalisent pas. » Dietrich Bonhoeffer (théologien allemand écrivant de la prison en 1944 où il fut assassiné par les Nazis)
Selon ma propre expérience je trouve, au contraire, que les gens pauvres et ignorants exercent rarement leurs droits légaux ou constitutionnels et que les moments remarquables et décisifs où les Cours Suprêmes ont énoncé et spécifié avec soin les droits de l’accusé restent sans signification pour la plupart des accusés qui comparaissent devant les tribunaux. Fréquemment les gens ne comprenant leurs droits les balayent par ignorance.
La condamnation infligée aux criminels reconnus coupables ou à ceux qui ont plaidé coupable signifie la différence entre la liberté et la prison. Dans beaucoup de cas elle signifie la différence entre la vie et la mort. Il est donc évident que la peine prononcée constitue la part la plus « importante » dans le déroulement de la justice criminelle. Mais elle reçoit le moins de considération au sujet de la loi. La loi qui réglemente les condamnations est encore vague, les options limitées et les objectifs des peines en matière de peines criminelles sont diffus et contradictoires.
Beaucoup d’importants personnages du milieu économique ou administratif n’ont pas passé une seule journée en prison pour avoir détourné des millions. Les juges sont particulièrement bien placés pour connaître les injustices et les erreurs du système de justice criminelle. Ils sont au centre de l’expérience à laquelle criminologues, philosophes et légistes s’intéressent. La plupart des juges sont tellement surchargés par leurs tâches quotidiennes en se « débarrassant » du quota imparti des affaires, qu’ils sont généralement trop las pour entreprendre cet examen douloureux de la justice, de sa moralité et du bon sens des jugements qu’elle impose. Un juge doit être préoccupé par les droits de l’accusé et veiller à la bonne application de la loi.
Ce n’est pas facile de regarder qui que ce soit en face et de lui dire : « Je te mets derrière les barreaux pour la vie, voire pour mourir. Je t’envoie dans un endroit où tu n’auras plus la possibilité de voir ton conjoint ou ta famille autrement que dans des circonstances dégradantes; dans un endroit où tu ne seras peut-être pas en sécurité, où tu pourras être battu ou sexuellement abusé; dans un endroit où tu devras tuer le temps à ne rien faire ou t’exécuter à des tâches routinières ennuyeuses, où tu n’auras aucune intimité, peu de possibilités d’étudier, aucune possibilité de travailler de façon significative ou de soutenir ta famille ou de te faire pardonner pour le mal que tu as fait. »
Je me demande, comment peut on justifier une telle décision prise au nom de la loi et du gouvernement ?
L’importance de traiter les gens en tant qu’individus a été reconnue dans la Bible. Selon les écrits Satan dit à David de compter le peuple d’Israël. Et David fit ainsi. Dieu dit alors à David : « Tu as péché ». Beaucoup d’exégètes ont interprété ce passage. Celui qui m’interpelle explique que Dieu a été contrarié parce-que David « traitait » les gens comme interchangeable au lieu de les considérer comme des êtres humains uniques.
J’en conclue que tous les gouvernements devraient se pencher sur leurs lois et leurs constitutions qu’ils ont édictées. Qui plus est ils délèguent le plus important de ce travail à des fonctionnaires dont la plupart n’ont aucun respect pour les droits de l’homme et sa dignité. Ils considèrent les pauvres et les gens ignorants comme ne faisant pas partie intégrante de la société. Nous ne pouvons pas avoir une loi pour les rationnels et une autre pour les irrationnels.
La route qui mène de la vengeance à la justice, dans le traitement du délinquant, est longue et difficile et le voyage est loin d’être terminé.
Ce poème de W.E. Hemley a été raconté à un ami par Nelson Mandela dans la prison de Robben Island. Puisse-t-il inspirer d’autres comme il m’a inspiré !
INVICTUS
Depuis la nuit qui me couvre,
Noir comme le puits d’un pôle à l’autre,
Je remercie les dieux quels qu’ils soient
De mon âme invincible.
Tombé dans les griffes de la circonstance
Je n’ai pas tiqué ni crié à voix haute
Sous le matraquage au hasard
Ma tête est en sang mais pas broyée.
Au-delà de cet endroit de rage et de larmes
N’apparaît plus que l’horreur des ténèbres
Malgré cela la menace des années
Me trouve, et me trouvera, sans peur.
Peu importe la difficulté du chemin,
Comment j’ai chargé le livre de mes châtiments,
Je suis le maître de mon destin :
Je suis le capitaine de mon âme.
Bernard Mitchell
#98525714
Drakenstein Maximum Correctional Facility
Private Bag X 6005
Southern Paarl 7624
South Africa
D.R.I.V.E.
DEATH Row INNER-COMMUNALIST VANGUARD ENGAGEMENT
