Pourquoi je ne rendrai JAMAIS ma Rage Par Kenneth 'Haramia' Foster

Il y a beaucoup de choses que je refuse. Quand j’étais jeune, mon refus était d’un autre genre encore : « … car je ne fais pas le bien que je voudrais faire, mais le mal, que je ne voudrais pas faire. » Je ne devrais pas, mais pourtant, je souffre . Et c’est seulement Rage qui m’a apporté un peu de compréhension, qui m’a permis de supporter. Rage et moi nous sommes devenus des amis. Rage m’a chuchoté dans l’oreille et cela est devenu une tempête dans mon cœur. Je suis comme un ouragan emprisonné qui se fracasse sur des murs inébranlables. Mais Rage m’a dit : « L’eau qui coule sur la roche finit par la transformer en galet. «

Mon attitude fait de moi une cible. Cette opiniâtreté qui me donne un air comme si je ne portais pas les blancs de la prison…Ils me regardent d’un œil différent parce que je marche comme quelqu’un qui se sent investi d’une mission. Et ils n’aiment pas ça. Ils voudraient bien me les enchaîner…QUE NON ! Ils aimeraient bien prendre une chaîne et me l’entourer tout autour de mon corps ; me voir complètement immobile, car la façon de me mouvoir crée de l’insurrection. Mes sourcils sont subversifs simplement parce-qu’ils SAVENT SE LEVER ! Les dilatations de mes narines sont comme des crachats à leurs figures. Ils jurent : « connard ! nous allons t’écraser ! » Et moi, je riposte avec un sourire qui ressemble à un vieux 9mm dont les balles ricochent quand on tire.

Je suis éther et Rage est mon ami. La haine a souvent frappé à ma porte. Comme ce jour où mon enfant avec ses grands et doux yeux bruns m’a dit : « Tu crois qu’ils vont me laisser revenir une fois pour t’embrasser ? » Il a fallu que je retienne mes émotions, que je les menace de ne pas se laisser aller. Car la Haine venait me dire son « BONJOUR » au milieu d’un des plus beaux moments d’harmonie et elle voulait savoir si elle pouvait trouver un accès pour jouer de sa musique dans mon monde.

Dans ce moment-là je me suis souvenu de mon grand-père et de sa façon de marcher, le dos bien droit et les pas élégants, malgré les 25 années d’emprisonnement de mon père et mes 10 années de couloir de la mort et qu’il ait connu le fanatisme de son époque que nous ne connaîtrons jamais plus ; et je me suis souvenu de Jésus renversant les tables dans le temple et je me disais que ces hommes-là n’étaient pas des Haineux mais des Enragés, c’est à dire des hommes d’Amour même qu’ils ne furent pas contents. Et je savais que j’allais être pareil. Puis j’ai répondu à mon enfant : » Non, ça ne marchera pas comme cela. » Et je pu voir qu’elle ne faisait pas la moue ni ne s’effondrait mais fronçait ses sourcils comme d’habitude et j’ai su que nous avions de la détermination dans nos veines et qu’un baiser à travers la vitre était scellé de signification : le jour viendra où les responsables seront tenus pour compte.

C’était Rage – douce détermination de ne pas se soumettre, tout en sachant être humble – p. ex. envers ceux qui prennent des vols sur des milliers de kilomètres, ou qui s’occupent des appels téléphoniques, des mails, ou qui doivent mener des discussions concernant toutes sortes de choses ennuyeuses ! Je ne suis pas là pour m’acharner sur ceux qui manifestent avec des bougies, les chercheurs de moralité ou sur ceux qui prient. Je sais que St. Jean disait : « La foi sans les oeuvres c’est la MORT ! » - mais au Texas il semblerait que tous les gens ont foi en ce que les gens VONT à la mort. C’est pourquoi mes prières sont comme des tornades, dans le sens de St. Paul : « Prie sans relâche ! » Donc j’avance comme le guerrier samouraï – le plus harmonieux des techniciens de combat – ce qui est nécessaire face à la plus barbare

des machines à tuer.

Je dois le clarifier que cette « guerre » dans laquelle nous nous trouvons - c’est vraiment une guerre spirituelle, parce-que dans une vraie guerre il y a des morts et des blessés des deux côtés….ici nous sommes les seuls à mourir. Et c’est pourquoi c’est un GÉNOCIDE ! Voilà pourquoi je me dévoue et que je l’affirme parmi ceux qui disent que plus rien ne les intéresse : « Que si, moi si ! » Et vous connaissez le nouveau slogan ? : « sois gentil avec l’Amérique sinon l’Amérique t’apportera la Démocratie ». L’Amérique voudrait promouvoir des Guantanamos, les rendre accessibles à toutes les villes tels des Home Depots. Ils croient que je leur demanderais pitié, mais Rage dit : « Exige la paix ! (P.E.A.C.E. : Positive Education Always Corrects Error) Une éducation positive corrigera toujours les erreurs. » Et en attendant je vais leur adresser des pétitions, je ne pense pas ici à du papier, je pense à une persistante et continuelle gêne dans les reins jusqu’à ce qu’ils cherchent le remède. Et s’ils me mettent sur cette croix, ne manquez pas d’examiner les paumes de mes mains, car tout ça c’est pareil.

Vous voyez, il y a du carburant dans mes veines. C’est au-delà de l’adrénaline. Ça ressemble plutôt à de la nitroglycérine ou à un cocktail Molotov qui dit « ME VOICI ! » aux casques des fascistes qui essayent d’étouffer tous mes espoirs. Oui, autrefois j’avais l’habitude de me mettre en colère. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que la colère était une folie passagère et qu’elle était inacceptable dans un environnement qui génère perpétuellement du chahut. Qui plus est, celui qui vous met en colère a ainsi gagné sur vous. Je m’en suis débarrassé de ça contre un peu de kérosène non-coupé. J’ai autour de mon coup cette corde du Patriot Act qui est tissée avec raffinement. Ce carburant me procure une énergie qui me rend suffisamment intelligent pour garder une lame de rasoir sous la langue afin que je puisse couper la corde moi-même, parce que il n’y a personne ici pour m’aider. J’ai besoin de jumelles pour les trouver, tellement ils sont loin. Ils ont bloqué mes cris comme on bloque un courriel; ils ont dit que j’étais un virus qui fout la merde partout ; qui transformait tout en délire. J’ai dit : « Mieux vaut maintenant que quand le chlorure de potassium donnera des convulsions au valvules du cœur. »

Je n’ai pas l’intention d’abandonner cette rage qui me fait parler ainsi à vous. Si vous auriez préféré du poli vous auriez dû vous faire bibliothécaire. Alors vous auriez tout le calme que vous pourriez souhaiter. Vous n’auriez pas à entendre crier Lamont Reese : « JE N’AI PAS MARCHÉ JUSQU’ICI PARCE QUE CE N’EST RIEN D’AUTRE QU’UN MEURTRE ! » Vous pourriez éviter les râles et suffocations… et les rires dans les groupes pour les droits des victimes. J’essaye simplement de vous saisir de la même façon qu’ils ont saisi Justin Fuller et l’ont JETÉ dans le camion quand il a refusé de marcher vers son exécution et qu’il s’est roulé par terre ; comme ils ont envoyé Tony Ford en ségrégation administrative pour « tapage » parce qu’il a frappé à sa fenêtre en signe de solidarité. Ils lui ont dit : « Ne prends position pour PERSONNE ! Même pas pour toi-même, espèce de c… ! » Que reste-t-il, sinon de se rebeller ? Nous sommes déjà des exclus. Carlton Turner a allumé un joint dans la cellule à récréation un air de dire : « Merde, que voulez-vous que je fasse d’autre pendant 22 heures par jour dans une cage ? » On lui a fait rencontrer le gaz. Juste un refus de renoncer à ce qui lui restait – Rage. C’est tout ce que nous avons. C’est ce qui nous empêche de nous décomposer. Ca les rend fou-furieux que nous ne soyons pas en train de crever à petit feu dans ces cages.

Pasteur John a prié avec moi ; et disait : « Lord, we don’t need people catching a ride, we need people to DRIVE. » (Jésus, ce n’est pas des gens qui partent pour un tour dont nous avons besoin, ce sont des gens qui savent conduire un mouvement.) Donc, je suis au volant comme Evel Knievel essayant de réussir un tour de force. Essayant de mettre défier les lois de la probabilité. Si je ne peux pas obtenir Liberté (Freedom), je vais libre-taire (free-dumb). Si je ne peux pas obtenir la Libération (Liberation), je vais libér-une-nation (Liberate-a-nation) en étant une réflexion et non pas en devenant un exemple. Les exemples deviennent ceux qui ne protestent pas contre leurs exécutions. Les miroirs sont les révolutionnaires qu’on assassine parce qu’ils se sont rebellés contre leur propre oppression.

Je suis comme le chiendent qui perce le béton. Je suis insidieux. Je suis sérieux ! Ma rage me rend rebelle et je continuerai de l’être. Je persiste dans ma rage car le jour où je l’abandonnerai je deviendrai une victime et pour sûr perdrai mon humanité.

Ils veulent nous faire croire que les gens ne peuvent pas être récupérés et doivent être jetés comme du détritus. La Rage dit : « NON ! » Ils veulent nous faire croire que des peines de quarante années signifieraient réhabilitation. Rage dit : « Arrêtez vos conneries !» Ils veulent que nous soyons apeurés et désarmés. Rage dit : « Debout ! Réveillez-vous ! » Je ne vous dirais jamais assez ceci. Celui qui a une rage extérieure ose mourir. Celui qui a une rage intérieure ose vivre. Brave gens, je connais les deux et je peux vous dire, quand la répression et l’éradication vous serrent votre gorge, alors la rage deviendra la meilleure amie que vous aurez jamais connue. Prenez-en votre parti sans quoi sûrement et définitivement c’est vous qu’on prendra.

Aluta Continua

Haramia Kinassor

D.R.I.V.E.

DEATH Row INNER-COMMUNALIST VANGUARD ENGAGEMENT

 

 

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