Les rituels des executions 26 octobre 2006 Par Doreen (Dee) Hawk (Lucidreeme@aol.com )

Une nouvelle à propos des rituels d’une exécution

Je n’ai jamais assisté à une exécution et pour être franche je ne le voudrai jamais. Si c’était juste de moi, la peine de mort serait abolie. Mais j’ai remarqué que la journée qui suit une exécution on en parle dans tous les médias. Tous les petits détails sur qui était présent, ce que a dit le condamné au moment de ses «derniers mots», ce qu’il a choisi pour son « dernier repas », comment les témoins étaient serrés contre la vitre quand le condamné respirait une dernière fois.

Il y a un certain nombre de rituels qui se mettent en place lorsque une exécution a lieu. Ces rituels doivent être démolis si nous voulons espérer abolir la peine de mort un jour. En permettant que ces rituels aient lieu nous permettons à la condamnation à mort d’avoir lieu. Cela nourrit l’approbation. Si tout d’un coup on regardait ces rituels comme tabou, peut-être les américains verraient alors que la peine de mort aussi est tabou.

Commençons avec le derniers repas. Pourquoi offrir un dernier repas à quelqu’un qui est sur le point d’être exécuté ? De lui donner un dernier repas de son choix, des denrées le nourrissant, pour ensuite lui enlever la vie, ça n’a aucun sens. «Comme ils étaient gentils, de lui offrir un dernier repas à son goût». C’est ça qu’ils veulent que les gens disent ? Et où ce rituel a-t-il son origine ? Dans la Cène avec le Christ avant sa crucifixion ?

Ensuite les derniers mots. Le condamné a été confiné dans un véritable enfer depuis de longues années déjà, réfléchissant sur ce qu’il a fait ou au fait qu’il n’a jamais commis ce crime. Pourquoi quelqu’un voudrait savoir maintenant ce qu’il a à dire ? Maintenant où tout a déjà été dit ? Ce n’est rien d’autre qu’un rituel de plus. On attend de lui qu’il dise quelque chose. Des excuses, un dernier adieu à sa famille et ses ami(e)s, ou peut-être des remerciements au personnel de la prison d’avoir pris soin de lui. Les médias espèrent quelque chose qui sort de l’ordinaire. Ça fait vendre des copies, ça fidélise les téléspectateurs.

Je pense qu’ils ont fait le plein avec le prisonnier, tueur en série, Danny Rolling, exécuté par injection létale le 25 octobre 2006 par l’État de la Floride. Quand on lui a demandé s’il avait quelque chose à dire, il a commencé à chanter à voix haute, à ceux qui témoignaient de son exécution, une chanson qu’il a très probablement écrit lui-même. Maintenant c’est la première fois que j’entends ça. Assurément il leur a fournit quelque chose pour en parler. Cette fois-ci c’était le prisonnier lui-même qui a pris part dans ce rituel d’exécution.

Quand le prisonnier Gregory Lynn Summers exécuté par l’État du Texas également le 25 octobre 2006, était questionné sur ces derniers mots il se détourna. Néanmoins trois de ses ami(e)s, témoins de l’exécution, étaient vêtus chacun d’une chemise rose et d’un pantalon noir. Les vêtements des trois étaient quelque chose dont on pouvait parler. Eux aussi prenaient part au rituel de l’exécution.

Un autre rituel d’exécution et celui de marcher vers sa propre exécution. Pourquoi quelqu’un souhaiterait-il aller délibérément trouver sa propre mort ? Cela démontre qu’il y participe, qu’il accepte sa propre exécution. Si les prisonniers acceptent qu’on les exécute, alors il devient difficile pour les gens de s’y opposer.

J’espère que de rendre les exécutions extraordinaires de par ces rituels ne devient pas la nouvelle mode. Le prendra-t-on pour de la protestation ? Pour que l’exécution reçoive de la publicité ? Les exécutions reçoivent déjà de la publicité, nous n’avons pas besoin de ce que les gens les rendent sensationnelles. Nous avons besoin que les gens arrêtent à prendre part à ces rituels. Nous avons besoin de changer la manière dont les gens voient les exécutions. Nous devons faire en sorte que les exécutions deviennent tabou.

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