Visiter l'Unite Polunsky Par Vicki McCuistion

Un vendredi matin très tôt, je suis partie avec Christina Lawson de Victims of Texas et nous avons retrouvé Mary Felps, une avocate de droit civil d’Austin, pour aller à l’Unité Polunsky, à Livingston, au Texas. Nous étions là pour aider Mary sur des questions légales qu’elle adressait au nom de plusieurs détenus du couloir de la mort. Les règles et politiques de la prison furent une formation. Tout notre argent devait être converti en monnaie. Aucun sac à main qui n’est pas transparent. Aucune chaussure ne recouvrant pas les orteils n’est permise. Tout papier doit être fiché pour que vous puissiez entrer. La nourriture achetée pour les détenus que nous visitions ne devait être manipulée que par les gardiens. C’était la première semaine du mois, donc on pouvait également se procurer des photos Polaroid. Nous fûmes dans la prison de 9:00 am à 5:00 pm, rendant visite à plusieurs détenus du couloir de la mort.

Tous les hommes que nous visitions étaient amenés menottés aux cellules de visites, enfermés dans la cellule. Ensuite ils se penchaient en sortant leurs mains à travers une fente dans le bas de la porte pour que leurs menottes soient enlevées. Tout contact entre un visiteur et un détenu était effectué via le téléphone et au travers de la fenêtre. J’étais continuellement frappée par l’inhumanité de ces préparatifs : l’homme se penchant afin d’être à nouveau menotté avant d’être retiré de la cellule fermée, pour une pause à la salle de bain.

Je fus profondément impressionnée par les trois hommes auxquels j’ai rendu visite. Deux d’entre eux se retrouvent dans le couloir de la mort pour des cas de Loi des Parties; ils n’ont en fait tué personne, mais ont conduit le véhicule sur les lieux où les crimes furent ensuite commis. Nous attendons d’exécuter et avons exécuté des détenus qui n’ont tué personne. Leur grande préoccupation pour le traitement des déficients mentaux dans le couloir de la mort fut également très poignante. Ils étaient là à passer des années dans le couloir de la mort, possiblement faisant face à la conclusion de leurs appels. Mais, malgré tout ils sollicitaient de l’aide pour les déficients mentaux, des hommes qu’ils disent continuellement maltraités, sous-alimentés, et qui ne reçoivent pas de soins appropriés. Ils m’ont rapporté des cas tels que celui d’un détenu déficient mental qui se frappe la tête contre les murs jusqu’à il en perde conscience, les cas d’hommes qui ne parlent plus, et le cas d’un homme qui se recouvrait de fèces et qui a été laissé à lui-même sans nourriture parce qu’il ne se nettoyait plus par lui-même.

Un des détenus que j’ai visité m’a rendu bien humble lorsqu’il s’est mis à prier pour moi.

Ce jour-là je n’ai pas rendu visite au pire des pires ou à quiconque qui viendrait grandement diminuer notre société. Ce qui ne veut pas dire que les hommes à l’Unité Polunsky ne sont pas coupables de crimes, mais notre couloir de la mort contient aussi beaucoup d’hommes qui ont grandi et sont devenus matures pendant leur séjour dans le couloir, d’hommes qui ont trouvé une croyance spirituelle dans le couloir, qui se sont éduqués, qui ont reconnu leurs torts, qui furent médiocrement représentés, qui ont été maltraités par leurs familles, et dans certains cas qui furent condamnés injustement.

Comment pouvons-nous nous débarrasser de ces âmes qui se préoccupent des autres et qui prient même pour nous?

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